Amour et sexualité à 3 ans, c’est sérieux ?

On ne nie plus la sexualité des plus petits. Elle fait partie de son développement et de son épanouissement. Cependant, cet éveil laisse encore certains parents perplexes. Quelle attitude adopter ?

Dès la naissance
A la naissance, le tout-petit a déjà une sexualité. Cette affirmation faite par Freud dès 1905 avait scandalisé l’opinion de l’époque. On avait osé porter atteinte à l’image de l’enfant pur et innocent, ignorant tout de sa vie sexuelle jusqu’à la puberté. Aujourd’hui, cette idée laisse encore les parents un peu désemparés. Pas facile d’imaginer à quoi peut ressembler cette sexualité infantile excluant toute génitalité. On la situe dans un registre large de tendresse et de plaisir que le bébé éprouve à jouer avec son corps. Elément important : elle est la base de la sexualité adulte : l’érotisme de chacun comporte des caractéristiques héritées de la petite enfance. Il est donc primordial que votre enfant vive sa sexualité de façon sereine pour devenir plus tard un amant et " aimant " épanoui. C’est d’ailleurs vous, ses parents, qui l’accompagnez sans le savoir vraiment tout au long de son développement sexuel et de son apprentissage de l’amour.

Il regarde sous les jupes des filles
A 3 ans, votre fils a pris conscience qu’il est un garçon et il se pose des questions sur ce qu’est une fille. Aller voir ce qu’il y a sous les jupes de ses copines est pour lui une façon de trouver des réponses.

Il vous teste : il sait que c’est interdit, mais c’est très amusant de défier l’autorité, d’essayer de repousser les limites.

Il imite les copains. Il a peut-être vu d’autres petits " durs " soulever la jupe d’une fille et cherche à faire pareil.

Il veut se faire remarquer. Il arrive parfois qu’un enfant ne se sente pas très à l’aise dans un groupe et trouve cette solution pour se rendre intéressant... ou pour gagner en notoriété.

C’est grave ?
Pas du tout ! Ce comportement n’a rien de dramatique. Mais il est nécessaire de l’aborder avec votre enfant. Surtout, n’adoptez pas d’attitude de complaisance, vous deviendriez complice : il doit comprendre que ce n’est pas une façon de faire.

Si c’est lui qui vous en parle, demandez-lui calmement de vous raconter ce qui s’est passé. Vous verrez mieux l’ampleur que cela a pu prendre. Rappelez-lui les règles de bonne conduite. Expliquez-lui que ce qu’il a fait est gênant pour la petite fille, qu’en tant que garçon, il est normal que les filles l’intriguent mais que ce n’est pas une raison pour soulever leur jupe.

La pudeur, ça s’apprend
Sans dramatiser, vous devez apprendre à votre enfant à rester pudique et à respecter l’intimité des autres. Pour cela, il faut qu’il respecte la sienne.

Respectez son corps. Aidez-le à prendre conscience de son intimité. Il entre dans la période où il explore son corps. Il est très curieux de son sexe et n’hésite pas à le tripoter. C’est le moment de lui expliquer que son corps est quelque chose de très privé qui ne concerne que lui.

Apprenez-lui à respecter l’autre. En acceptant de garder privée son intimité, votre enfant intègre que celle des autres ne le regarde pas.

Contrôlez ce qui se passe à la maison. Entre frères et sœurs par exemple, tout n’est pas permis. Ils n’ont pas à se toucher, comme ils n’ont pas à avoir de gestes déplacés envers vous. Surveillez du coin de l’œil les jeux des enfants entre eux : s’ils jouent au docteur ou au papa et à la maman, qu’ils se mettent tout nus, interrogez sans dramatiser. Posez les règles sans les gronder, en leur expliquant que ce n’est pas un jeu d’enfants, que vous n’autorisez pas ce genre d’activité.

Elle a un amoureux, c’est sérieux
Ce sentiment amoureux est très proche de celui d’un adulte : l’enfant veut être tout le temps avec l’autre, manifeste des attentions délicates à son égard... Il est très important pour lui que l’on respecte ce sentiment véritable. En revanche, inutile d’enfermer l’enfant dans cette situation. Reconnaissez qu’il est amoureux " pour le moment ". Evitez de parler, par exemple, de son (sa) " fiancé(e) ", de le culpabiliser s’il en change... ou de projeter vos sentiments dans son histoire ! Soyez discrète. Il est essentiel de garder les secrets qu’il vous confie et de ne pas les répéter autour de vous !

Que faire en cas de chagrin d’amour ?
La même chose que face à un adulte : consoler et rassurer. Car ces premiers chagrins révèlent bien souvent la force de ses sentiments. Il est fondamental de les prendre au sérieux.

Que dire ?
Que vous comprenez sa peine, mais que grâce à ce chagrin, il apprend quelque chose sur la vie avec les autres

Que ce chagrin ne va pas l’empêcher de trouver, quand il sera grand, celui ou celle avec qui il aura envie de vivre.

A quel âge ça commence ?
Avant 3 ans, l’enfant est encore trop centré sur lui-même et sa famille. Il faut également qu’il ait dépassé le stade du complexe d’¿dipe. S’il arrive que des amours se nouent dès la crèche, c’est plus souvent à l’école maternelle que naissent les premières idylles. Mais pas d’inquiétude si votre enfant ne manifeste qu’un intérêt très limité pour les amours précoces ! Ils sont nombreux à ne pas tomber amoureux durant leurs jeunes années, cela n’augure en rien de leur développement futur. C’est une question de tempérament et, bien sûr, de rencontres...