Ne vous fâchez pas quand il se fâche !
Tout à coup, votre petit découvre ses colères sans les maîtriser : la moindre contrariété déchaîne des cris d'une violence inouïe. Il peut entrer dans une rage folle simplement parce que vous lui demandez d'interrompre son jeu pour venir dîner. De plus, il les accompagne de mots qui font mal : " Tu n'es pas gentille " ou " Je ne t'aime plus ". Que se passe-t-il dans sa tête ?
Votre enfant cherche ses limites et les vôtres
Votre enfant entre dans un nouveau stade, celui des rapports de force. Il pousse maintenant le " non " jusqu'à l'affrontement. Le plus souvent, ses colères sont liées à la frustration : vous l'empêchez de faire ce dont il a envie ou vous lui refusez l'objet qu'il veut. Lui qui ne connaissait que le principe de plaisir expérimente la frustration et, bien sûr, la supporte mal. Bien souvent, l'émotion le submerge et il pique une énorme colère. Ce comportement peut être lié à l'immaturité de la zone limbique du cerveau. Quand l'émotion parle, l'enfant de cet âge est incapable de gérer son comportement. Il est littéralement hors de lui.
Aidez-le à se contenir
D'abord, restez zen. Les grandes colères sont un cap normal, ce n’est pas le moment de perdre confiance en vous, ni de remettre en cause votre éducation.
Rassurez-le plutôt que de le raisonner. Ne criez pas, vous allez l’affoler. Il se peut qu'il s'arrête net mais, dans le fond, il sera encore plus angoissé car il n’aura pas tout exprimé, et cela le stresse.
Face à une colère qui monte, mieux vaut créer un temps de repos et tenter de faire diversion : " Viens, on va écouter de la musique. " Si cela n'est pas suffisant pour le calmer, arrangez-vous pour qu'il aille faire sa colère ailleurs. Dans sa chambre, par exemple. Au besoin, quittez vous-même la pièce. Lorsque vous constaterez que le calme est revenu, n'hésitez pas à aller vers lui : " Alors ça va mieux ? On peut aller au jardin, maintenant ? " ou tout simplement : " Est-ce que tu as envie de goûter ? "
La colère se nourrit des spectateurs. Essayez de priver votre enfant de tout public lorsqu'il fait une crise. Il sent bien que le regard des autres le protège, qu'il vous met dans l'embarras et vous rend vulnérable. Et il en profite ! Il se met à crier en plein supermarché pour un jouet ou des chewing-gums ? Arrêtez là vos courses et ramenez-le à la maison. Et organisez-vous pour être seule la prochaine fois.
Evitez les rapports de force. Chaque fois que c'est possible, donnez-lui le choix : " Tu aimes mieux qu'on rentre par le parc ou la grande avenue ? " Au moment d'aller au lit, prévenez-les : " Dans cinq minutes, il faudra arrêter ton jeu. Ca te laisse le temps de mettre des roues à cette petite voiture et de ranger ta boîte de Lego. Mais ensuite, il faudra y aller. "
Après une colère, sachez faire la paix. Pour un enfant, c'est un événement d'une grande violence, il hoquette encore plusieurs minutes après sa crise. En outre, il peut craindre d'avoir cassé quelque chose dans sa relation avec vous. Il faut donc le rassurer et mettre des mots sur ce qui vient de se passer : " Je comprends ta colère. Maintenant, c'est passé et on n'en parle plus. Tu es mon petit garçon et je t'aime. " Les colères cesseront puisqu'elles n'amènent pas l'enfant à obtenir de vous ce qu'il veut.
En somme, dites " oui " à l'émotion (" Tu as le droit d'être en colère...) et " non " à la manipulation (... mais ça ne change pas la réalité "). La colère naît de la frustration, votre enfant n'y peut rien. De cette façon, il se sentira entendu dans son désir, même si celui-ci reste inassouvi.