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Du champ à la bouche: le récit d’un pot de fruits

1. Le verger :
La pomme, et plus précisément la « Golden Delicious », est la matière première de toutes les bouillies aux fruits. Tout commence dans le verger où les pommes sont cultivées sur des « pommiers pour bébés ». Ces vergers spécialement réservés aux bébés sont totalement isolés des vergers où sont cultivées les pommes que l’on retrouve dans les grandes surfaces.

L’alimentation pour bébés est soumise à des normes plus strictes, c’est la raison pour laquelle elle doit contenir des pommes bien spécifiques. Les normes en matière d'utilisation de pesticides sont par exemple dix fois plus strictes. Ces nombreux contrôles permettent d’obtenir des pommes de très bonne qualité, tant sur le plan nutritionnel que des contaminants.



2. La conservation
Après la cueillette (octobre), les pommes sont conservées dans une atmosphère protégée. L’air contient normalement 21 % d’oxygène. Celui-ci est extrait jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un pour cent et remplacé par de l’azote. La température des chambres froides fluctue entre 1 et 2 °C. De la sorte, les pommes peuvent être conservées dans des conditions optimales pendant 11 mois.
Lorsque le moment est venu pour les pommes de rejoindre l’usine, elles sont d’abord soigneusement nettoyées et triées. Elles flottent à la surface de l’eau et traversent ce que l'on pourrait appeler un car-wash miniature. Elles sont ensuite une nouvelle fois brossées méticuleusement.


3. Direction: l’usine
Chaque semaine, cinq camions contenant 21 tonnes de pommes parcourent le chemin entre le lieu de conservation et l'usine. Les pommes stockées dans les bacs hygiéniques verts y sont versées dans un entonnoir.

Elles se retrouvent sur un tapis roulant duquel des employés retirent une nouvelle fois les rebuts. Les pommes restantes sont encore nettoyées deux fois à l’eau chaude.  Les fruits bien propres gravissent le tapis roulant et passent sous une sorte de douche à jets.  L’étape suivante est la chambre à vapeur où les pommes sont coupées avant d’être cuites.

La purée de pommes coule ensuite dans des tuyaux. La purée poursuit son parcours dans une cuve en inox une fois que les morceaux de peau et les pépins ont été filtrés. Dans une pièce séparée équipée de cuves comparables, un système informatique assure que la bonne quantité d’autres fruits tels que des bananes, des poires, des pêches, etc. soit ajoutée. Ceux-ci font l’objet d’une culture similaire dans leur pays d'origine et d’un traitement comparable aux pommes. L’âge du bébé détermine si les fruits sont entièrement réduits en purée (4 mois), coupés en petits morceaux (6-8 mois) ou en morceaux de taille moyenne (12 mois et plus).

Dans l’intervalle, les pots en verre sont préparés. Ceux-ci font aussi l’objet de tests de qualité. Un œil informatique puissant détecte les récipients défectueux et les retire du circuit. Cet œil détecte tout : une fissure, une irrégularité sur la surface inférieure, même des défauts imperceptibles à l’œil nu. Les pots qui satisfont aux critères sont nettoyés et préchauffés à 85 °C. Ils sont prêts à accueillir le mélange de fruits qui a entre-temps été porté à la même température en deux étapes. Le remplissage des pots est effectué par le biais d’une machine de remplissage volumétrique.

Dès que les pots sont remplis, ils sont coiffés de leur couvercle, sur lequel figurent la date de péremption et le code de production. Ils tournent ensuite sous un détecteur à rayons X qui les scanne afin de détecter une éventuelle présence de verre, de métal ou de pierres.

Un peu plus loin sur le tapis, une employée sélectionne des pots de manière aléatoire et teste sa température interne à l'aide d'un appareil spécial qui fore à travers le couvercle en métal. Le test suivant est surnommé « test dud du couvercle ». Ce dernier doit être concave et faire un petit clic lors de l'ouverture. Si ce n'est pas le cas, le pot n'est pas sous vide.

Il est à présent temps d’étiqueter et d’emballer le pot.  Le contrôle de qualité est omniprésent, « du champ à la bouche », ce qui signifie que les pots ne quittent pas l’usine avant d’avoir subi différents tests en laboratoires. Dans chaque lot, plusieurs pots sont soumis à une vaste batterie de tests. Ceux-ci visent notamment à déceler la présence de pesticides et à contrôler une nouvelle fois le degré d’acidité.


Ce n'est qu'après ces derniers contrôles que les pots prennent la direction des jeunes consommateurs. Miam miam !

Quelques journalistes ont visité notre usine. Voici leurs impressions : Art le ligueur La dernière heure